top of page

🤔Sociologie clinique et Mouvement Skhôlè🤔

25 sept.
3 min de lecture

Dernière mise à jour : 26 sept.

J’ai très tôt cherché à comprendre mon environnement, ce qu’il produisait en moi, ce qu’il façonnait dans mes comportements, mes représentations et ma manière d’entrer en relation avec les autres et avec le monde. Cette curiosité m’a accompagnée tout au long de ma vie.


Au début de mon parcours professionnel, j’ai entrepris une formation autour du transgénérationnel avec la sociologue Yolande Malotaux, dans le cadre de ses ateliers Passage à l’Être. Cette rencontre a déplacé mon regard : l’histoire d’une personne s’inscrit dans une histoire familiale, avec ses transmissions, ses héritages, ses silences, ses places et ses imaginaires.


J’ai poursuivi mes recherches à travers de nombreuses lectures. Parmi elles, les travaux de Vincent de Gaulejac et de Anne Ancelin-Schützenberger ont occupé une place particulière.


J’y ai trouvé une manière de penser qui rejoignait une question qui m’accompagnait depuis longtemps : comment comprendre une personne à partir de sa propre histoire, tout en considérant les histoires familiales et sociales dans lesquelles son existence prend place ?


J'ai finalisé ce parcours par une formation au récit de vie avec l'équipe de Vincent de Gaulejac.


Toute histoire personnelle s’inscrit dans une histoire plus vaste


Vincent de Gaulejac formule cette idée avec une grande simplicité : « L’homme est histoire. » L’histoire de chacun est « emboîtée dans une histoire familiale, elle-même insérée dans une histoire sociale ». Il développe aujourd'hui cette perspective à travers la notion de clinique de l’historicité, qui invite à interroger la manière dont les individus s’inscrivent dans leur histoire, se l’approprient et participent à sa construction.


Cette approche a profondément résonné avec mon propre chemin. Une existence possède une histoire singulière ; elle porte aussi des héritages familiaux, des appartenances sociales, une époque, une culture, des valeurs, des représentations du monde et des rapports de pouvoir.


C’est précisément cette articulation entre subjectivité et processus sociaux qui m’intéresse dans la sociologie clinique. Elle permet de considérer ensemble l’histoire personnelle et les mondes sociaux, familiaux et culturels au sein desquels une existence se construit. Elle permet de contextualiser, de relier, de rattacher, d'ancrer et de solidifier notre existence.


Le social entre dans l’intime

Les transformations du travail, de la famille, de l’économie, des institutions et de la société prennent place dans nos existences et plus que certainement en ces temps incertains. Elles participent à nos manières de nous représenter nous-mêmes, de nous relier aux autres, de choisir, de désirer, de travailler et de donner du sens à ce que nous vivons.


Dès lors, une question se dessine : quelle part de mon histoire raconte aussi une histoire familiale, sociale, culturelle ou (trans)générationnelle ?


Cette interrogation permet de déplier l’expérience et d’en explorer les différentes dimensions. Une trajectoire professionnelle peut être mise en relation avec les transformations du travail. Une aspiration individuelle peut être éclairée par les valeurs d’une époque. Une histoire familiale peut être replacée dans son contexte social. Une souffrance peut être comprise à partir des dimensions personnelles, familiales et sociales qui s’entrecroisent.


Le regard s’élargit. L’expérience singulière prend place dans une histoire plus vaste, et une autre compréhension peut émerger, plus profonde et davantage ancrée dans les réalités qui l’ont façonnée.


La sociologie clinique permet ainsi de situer l’expérience et de la mettre en perspective. Elle invite à déplacer le regard porté sur soi, en passant de la question « Pourquoi suis-je comme cela ? » à des interrogations plus vastes : Quelle histoire me constitue ? Quelles histoires se rencontrent dans mon histoire ? Quelle part de social vit en moi ? Dans quels mondes mon existence s’est-elle construite ?


C’est cette possibilité d’élargir le regard qui m’intéresse et que je souhaite introduire dans le mouvement Skhôlè.


Photo de Nora S.


Commentaires


bottom of page