🤔Non à la psychologisation du travail🤔
- shaastrain

- 11 août
- 1 min de lecture
Psychologiser le travail consiste à expliquer les difficultés rencontrées dans une situation professionnelle par les caractéristiques psychologiques des personnes qui y travaillent.
Une difficulté devient un problème de personnalité. Le conflit d'équipe devient une affaire de relations interpersonnelles. L'épuisement devient une question d'adaptation individuelle.
Cette réduction déplace le regard pour le centrer sur l'individu seul.
Le travail disparaît derrière l'individu. L'organisation s'efface derrière la personnalité.
Le travail engage une expérience vécue. La personne y met son histoire, ses désirs, ses affects, son corps, son rapport aux autres, etc. Cette dimension subjective mérite une attention réelle. Cependant, elle reste inséparable de la situation qui la produit.
Prenons une phrase courante : « J'ai un problème avec mon responsable ». Une lecture psychologisante y cherche une fragilité, un trait de caractère, une histoire personnelle explicative.
Une lecture centrée sur le travail interroge d'autres dimensions. Que demande-t-on à cette personne ? Qu'est-ce qui est autorisé et/ou empêché dans et par l'organisation ? Quel écart sépare la tâche prescrite de la tâche réelle ? Quelles marges de manœuvre subsistent alors ? Quel collectif soutient ou abandonne ? Yves Clot nomme cet écart entre travail prescrit et travail réel. Cet écart constitue un lieu d'analyse essentiel.
Une approche centrée sur l'individu cherche à ajuster la personne à des conditions données. Une approche centrée sur le travail interroge le travail lui-même (contenu, conditions, organisation, etc.).
Refuser la psychologisation du travail, c'est restituer au travail sa complexité propre. C'est reconnaître à la fois le sujet qui travaille et le monde qui organise ce travail. Et l'un ne va pas sans l'autre !
Photo de Steve A. Johnson

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