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🎨Créer au cœur du Mouvement Skhôlè🎨

il y a 6 jours
2 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 4 jours

Créer : une explication avec la vie


Je me sens toujours en difficulté lorsque je vois la créativité mise à toutes les sauces. Qui fait encore la différence entre art-thérapie, thérapie par la créativité ou activités ludo-créatives ?


Entre l’art-thérapie, la thérapie par la créativité et les multiples propositions qui fleurissent aujourd’hui — journal créatif, art-journal, écriture créative, ateliers d’expression créative, mandalas… — je perçois parfois une dilution de ce qui me paraît essentiel : le geste de créer.


C’est cependant à travers mes lectures — oui, encore 😁 — et particulièrement celles de Paul Audi, que j’ai commencé à pouvoir mettre des mots sur cet inconfort.


Dans Créer. Introduction à l’esth/éthique, Audi développe l’idée que créer relève d’un geste qui engage l’existence tout entière. L’esthétique et l’éthique s’y trouvent intimement liées.

Créer devient alors une manière de s’expliquer avec la vie. Cette expression me touche particulièrement.


Le "créer" n'a rien à voir avec l'art. Chez Paul Audi, créer relève d'une dimension profondément vitale. Elle constitue une manière d’affirmer la vie, de l’intensifier, d’ouvrir des possibilités nouvelles d’existence.

Créer, c’est faire surgir quelque chose qui n’existait pas encore en soi/pour soi (une image, une couleur, une forme, un assemblage, etc.).


Et dans ce mouvement, celui ou celle qui crée se trouve lui-même engagé dans une expérience nouvelle, dans une compréhension nouvelle.


Le créer devient ainsi un geste singulier et singularisant ouvrant sur de nouvelles possibilités de regarder, de sentir et de penser.


Créer : un geste vers, un mouvement


Dans les ateliers du Mouvement Skhôlè, je propose un temps de création. Je donne un cadre, un support, une piste. La proposition ouvre un espace dans lequel le geste peut se frayer une voie, avec les matériaux proposés et avec ce que chacun apporte de son regard, de son imaginaire, de son expérience, de son histoire. Aucune attente particulière, aucun résultat attendu. Juste se laisser agir.


Je tiens à cette liberté parce qu’elle appartient au créer lui-même. Il y a une part d’inconnu, quelque chose qui échappe à l’intention première et qui surgit dans le faire. Cette liberté est essentielle. Elle permet à la création de rester une expérience vivante.


L’acte de créer s’enracine ainsi dans une poussée vitale où le corps, la matière, l’imaginaire et l’ivresse participent à l’apparition de l’œuvre. Et lorsque le créer devient difficile, impossible ou inaccessible, cette impossibilité elle-même peut ouvrir un autre espace de pensée, de sensation, etc.


C’est cette place du créer que je cherche à faire vivre au cœur du Mouvement Skhôlè. Une figure, un mythe, un texte, une question donnent l’impulsion ; puis quelque chose se met au travail dans la matière. Ce qui apparaît peut alors devenir à son tour matière à penser, à regarder, à éprouver.


Créer, c’est peut-être cela : s’expliquer avec la vie, en lui donnant une forme.


Photo de Matthieu Jungfer



Note : Je vous invite à consulter le site de l'INECAT - Art & Thérapie pour leur rigueur linguistique

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