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✍Poésie et Mouvement Skhôlè (2)✍

il y a 12 heures
2 min de lecture


Du plus loin que je me souvienne…


J’ai toujours aimé les mots.

Et j’ai toujours ressenti leur puissance sur et dans nos vies.

Il suffit parfois d’une parole qui résonne et votre monde change.

Les mots peuvent être aimants. Ils peuvent aussi être violents. Ils peuvent ouvrir, blesser, consoler, bouleverser, donner du courage ou faire vaciller.


Ma rencontre avec les mots s’est faite très tôt, au travers de la lecture.


Les mots comme première rencontre


J’ai appris à lire avec la méthode syllabique.

Waouw ! Quel plaisir de découvrir ce chemin de lecture.

D’après mes proches, à Noël de ma première année primaire, je lisais déjà couramment.

Et mon grand plaisir, dès l’âge de six ans, était de pouvoir acheter des livres le samedi matin, jour du marché.

Les livres sont très vite devenus mes compagnons.

Quand je n’allais pas très bien — autrement dit, souvent, et souvent au travail ! — la lecture m’offrait une échappatoire.

Je lisais beaucoup, certes, mais avec des critères assez précis :

une belle plume et de quoi nourrir mon âme, bien plus que mon esprit.


Les mots qui nourrissent l’âme


C’est probablement pour cette raison que je me suis particulièrement tournée vers les écrits poétiques et spirituels. Christian Bobin et François Cheng ont profondément nourri mon chemin. Chez eux, les mots prennent une densité particulière.

Ils invitent à regarder autrement une lumière, un arbre, une rencontre, un silence, une absence, une présence.

Le langage devient alors beaucoup plus qu’un moyen de transmettre une information.

Il devient une manière d’habiter le monde.


Pourquoi la poésie ?


La rencontre avec la pensée de Fabrice Midal, notamment dans Pourquoi la poésie ?, est venue mettre des mots sur cette intuition.


Parce qu’elle touche à quelque chose d’essentiel dans notre manière d’être au monde.


Midal rappelle, à travers Mallarmé, que la poésie « doue notre séjour d’authenticité ». Il invite ainsi à retrouver dans le poème une expérience vivante de l’existence, loin d’une conception décorative ou simplement esthétique de la poésie.


La poésie donne de l’épaisseur à ce que nous vivons. Elle permet de regarder une réalité autrement. Elle fait entendre ce que le langage quotidien laisse parfois dans l’ombre.

Elle travaille avec le rythme, le silence, la métaphore, la sonorité, l’image. Elle fait quelque chose aux mots. Et les mots, à leur tour, peuvent faire quelque chose à celui qui les reçoit.


La poésie ouvre un autre usage du langage. Elle nous invite à ralentir et à écouter. A regarde le mot, aussi. A entendre sa musicalité, sa résonnance. La poésie possède quelque chose de cet ordre : elle met en mouvement, elle relie, elle transforme notre manière de percevoir.


La poésie entretient un rapport profond avec les grandes expériences humaines comme l’amour, la perte, le désir, la mort, le monde vivant, la solitude, la violence aussi !


Elle accompagne l’humain jusque dans ses zones les plus profondes.


Et grâce aux poètes et poétesses , quelque chose est devenu évident : je ne suis pas seule.


Pourquoi la poésie tient une place importante dans le mouvement Skhôlè ?


Parce que la poésie offre précisément ce que la Skhôlè cherche à préserver : du temps pour éprouver, regarder, écouter et laisser résonner.


Photo de Henil Kajavadra


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