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🤔Philosophie et Mouvement Skhôlè 🤔

21 sept.
2 min de lecture

Dernière mise à jour : 22 sept.

Du plus loin que je me souvienne…


Je me suis toujours posé des questions sur la vie tout en essayant d’en comprendre le sens : pourquoi fallait-il absolument jouer dans la cour de récréation, pourquoi certains enfants se montraient cruels à l’égard des autres, pourquoi les adultes se comportaient parfois bizarrement, sans aucune logique, pourquoi j’étais en vie, etc.


Ces questionnements nourrissaient mon monde solitaire.

Ils m’habitaient.


Et puis, un jour, j’ai rencontré la philosophie par mes lectures. Oh, au début, c’était plutôt à travers des auteurs qui citaient des philosophes, donc une approche très modeste.


De lectures en lectures, je me suis inscrite à un Certificat en philosophie à l’UNamur. C’était cela ou commencer des études de psychologie, ce qui m’avait été fortement déconseillé sous peine de m’ennuyer.


Au cours de cette année à l’UNamur, j’ai découvert qu’il existait un monde auquel je pouvais appartenir : le monde de la philosophie, un monde inépuisable, avec autant de regards sur le monde que de philosophes.


Cette découverte a été profondément structurante. Elle me permettait de donner une forme à mon monde intérieur, de canaliser mon univers émotionnel — en plus du geste de créer —, de mettre des mots, de distinguer, de relier, d’approfondir.


La philosophie est devenue pour moi bien davantage qu’une discipline universitaire. Elle est devenue un lieu où mes questions avaient leur place, avec des pistes de réponse.


Et je découvrais que les questions qui me semblaient si personnelles avaient traversé les siècles : la liberté, l’amour, la mort, le désir, le bonheur, la justice, la vérité, la condition humaine, l’éthique.


Je n’étais plus seule avec mes questions. Elles appartenaient aussi à une histoire beaucoup plus vaste.


Philosopher, c’est prendre le temps de penser


C’est cette expérience de la philosophie que je souhaite introduire dans les ateliers du mouvement Skhôlè.


Philosopher signifie pour moi prendre le temps de penser, de mieux comprendre la réalité, de prendre distance avec soi-même, d’y voir plus clair dans nos errances parfois et de s’orienter en connaissance de cause.


Philosopher, c’est partir d’une question, rester auprès d’elle, interroger l’évidence, la déplacer, mettre une idée à l’épreuve d’une autre. La philosophie crée cet espace où une question peut prendre de l’ampleur.


La philosophie comme espace d’appartenance et comme manière d’habiter le monde


Quand je repense à ma rencontre avec la philosophie, c’est cette expérience qui demeure la plus importante : j’ai découvert un monde auquel je pouvais appartenir et une possibilité, enfin, de trouver une place dans ce monde.


Un monde où penser a une valeur, où les questions ont leur place, où approfondir notre compréhension du monde constitue une activité en soi.


Penser le lointain peut devenir une manière d’habiter le monde au présent.


Penser par soi-même, ensemble : telle est la visée du mouvement Skhôlè.


Photo de Théo Topolevsky

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