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Distinguer un atelier Skhôlè d'un atelier de développement personnel

29 août
2 min de lecture

Dernière mise à jour : 30 août


Un atelier Skhôlè peut-il être considéré comme un atelier de développement personnel ?


Pas vraiment.


La différence tient surtout à la finalité, au rapport au savoir, à la place de l'expérience et à la posture de la personne.


Atelier de développement personnel


Le développement personnel part généralement de l'individu comme projet à faire évoluer.


Il propose souvent :


  • un objectif de transformation : mieux se connaître, prendre confiance, gérer ses émotions, améliorer ses relations ;

  • des méthodes et des exercices destinés à produire un changement ;

  • une recherche de résultats relativement identifiables ;

  • un animateur qui transmet une méthode ;

  • une expérience principalement orientée vers l'amélioration de soi.


Le temps consacré à l'atelier possède alors une fonction : "il doit produire quelque chose chez moi".


Atelier Skhôlè


La skhôlè part d'une autre conception du temps : un temps libéré des urgences, un temps disponible pour penser, discerner, créer et relier. Se relier à soi, à l'autre, aux autres, à l'âme du monde.


L'atelier Skhôlè peut s'appuyer sur un mythe, une œuvre, un texte philosophique, un poème, une oeuvre d'art, etc. Ces éléments ne servent pas de techniques destinées à transformer la personne. Ils constituent des objets de pensée et d'expérience.


Et surtout, il n'y a pas nécessairement quelque chose à obtenir à la fin.


Chacun.e peut sortir d'un atelier avec une question plutôt qu'avec une réponse. Avec une image plutôt qu'avec une compétence. Avec une sensation plutôt qu'un effet waouw (souvent éphémère). Avec une réflexion qui s'amorce plutôt qu'avec un objectif atteint.


Dans un atelier Skhôlè, le/la participant.e vient pour penser, ouvrir son regard, ressentir, créer et relier à partir d'un mythe, d'une oeuvre, d'un poème, d'un texte de philosophie ou autre.


Je donne le point de départ, jamais le point d'arrivée. C'est une différence considérable.


Dans un atelier autour de Psyché, par exemple, le mythe de Psyché n'est pas un prétexte pour faire identifier des « blessures », des « croyances limitantes » ou des « ressources ».


Psyché devient une œuvre à regarder, à entendre, à éprouver, à métaboliser.


Et ce qui se passe intérieurement appartient ensuite à chacune.


Tout atelier a un fondement, une structure et un enracinement : le mythe, les sources, les références, le travail des images, l'écriture, la parole, la pensée collective.


La 'Skhôlè" ne fait pas de l'individu un projet. Elle lui restitue un temps pour réinvestir le vivant à partir du passé.


Tentative d'un tableau de synthèse


Développement personnel

Skhôlè

La personne est un projet

La personne est une existence à penser

Transformer

Élaborer

Atteindre un objectif

Ouvrir une question

Méthode

Pensée, œuvres, mythes, expérience

Résultat attendu

Résonance, déplacement de la pensée

« Travailler sur soi »

Prendre soin de son rapport au monde et à soi - Souci de soi

Temps utilisé

Temps consacré

Valeur produite et marchandisée

Valeur intrinsèque du temps

Marchandisation de la souffrance (traumas, etc.)



Photo de Shayan Giasvand

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